• Convention 1 : Au-delà du Salariat ?

    Au-delà du Salariat ?

     Intro

    Une conférence nationale du PG doit être organisée pour travailler sur les mesures d’urgence à prendre si nous arrivions  au pouvoir. Au niveau qui est le sien le PG 63, doit apporter sa contribution.

    Notre histoire sociale est celle de la conquête des droits au siècle dernier par le mouvement syndical pour contenir la violence des rapports sociaux  imposés par le Capital. Issu du programme du CNR (Conseil National de la résistance) notre modèle social est le résultat d’un rapport de forces historique favorable à la classe ouvrière. Ce compromis a été depuis  régulièrement contesté.  La révolution conservatrice des années 1980 (Tatcher/Reagan) comptait  le jeter définitivement aux poubelles de l‘histoire. Cependant  malgré le patient détricotage par les différents gouvernements successifs de Droite comme de Gauche (Les sociaux libéraux) l’édifice est toujours debout  et pour cause, les citoyens y étant très attachés. Mais le travail de sape continu.

    Aujourd'hui on constate que les méthodes « modernes » de management ont fait voler en éclats les collectifs de travail. Du coup les nouvelles générations ont perdu le sens des rapports sociaux  collectifs. Elles ont intégré la doxa libérale de la concurrence. La servitude volontaire est d’actualité. 

    Par ailleurs depuis plus de 30 ans la révolution des techniques de communication bouleverse tous les rapports sociaux et notamment les rapports salariaux.  L’économie des  plateformes  connait une accélération déroutante.  Les néolibéraux s’engouffrent  dans la brèche et promeuvent l’ « Uber économie », chaque individu pouvant être son propre employeur.

    Nouveauté particulièrement dangereuse de cette révolution industrielle, elle semble détruire davantage d’emplois qu’elle n’est en capacité d’en créer. D'autre part, nous ne pouvons plus spéculer sur un taux de croissance suffisant pour résorber le chômage et la précarité. Et enfin la contrainte environnementale nous rappel la vacuité d’un contrat de travail sur une planète invivable.

    Dans ce contexte, nous ne devons pas sacrifier aux commémorations  convenues des grandes dates du passé. Elles sont mortifères si elles ne sont pas porteuses d’un « à venir » plus radieux. Les questions sont donc devant nous : le compromis salarial des « trente glorieuses » est il toujours d’actualité ? Faut-il relancer la réduction du temps de travail ? Faut-il sortir du salariat ? Faut-il aller vers un Revenu de Base Universel ? Faut-il reprendre la marche de la socialisation de l’activité économique ? Promouvoir le Salaire à vie ? … Au bout du bout,  ou est la porte de sortie du capitalisme ?

    Notre travail politique est de prendre frontalement ces questions, de nous en instruire, de les débattre, de les partager et de les transformer en projet politique.

    Il a déjà été beaucoup écrit sur ces sujets mais ces réflexions ne doivent pas être simplement  débattues dans   les sociétés savantes ou dans des cercles restreints d’initiés. Elles doivent irriguer la controverse citoyenne et donc être mise à disposition de tout un chacun dans une démarche la plus englobante   et unitaire possible.

    C’est l’ambition de cette proposition de convention sur le thème  du salariat.

    L’objectif est d’impliquer au maximum les militants de notre Parti de nous armer intellectuellement pour regagner le terrain de la bataille idéologique. Instruits des savoirs et du vécu de chacun nous devons redynamiser notre camp, nous ne pouvons pas gagner avec les mots d'ordre  de nos adversaires..

    Après la mise en place de l'état d'urgence et le champ de ruine des régionales il faut resserrer les rangs. L’objectif est donc aussi de rencontrer nos partenaires locaux , syndicats, associations et les partis et de concourir ainsi au plus large rassemblement possible sur ces questions de fond en recherchant qu’elles seraient les mesures emblématiques que nous devrions soutenir pour porter un véritable projet de transformation sociale.

     

    I - Modèle social

    Etat Providence/Etat Social. Nous préférerons le terme social à celui de providence car le premier témoigne de l’histoire des combats sociaux qui lui ont donné corps alors que le deuxième porte en lui l’obscurantisme propre au religieux. Face aux risques et aux aléas de la vie, l’esprit des lumières a permis de repousser le fatalisme et la soumission. Le chemin fut long pour abandonner la charité et construire les solidarités. Il fallut tout le XVIIII et XX siècle pour élaborer laborieusement des modèles de protection sociale encore bien imparfaits.

    Traditionnellement on retient deux grandes catégories, le modèle Bismarckien (Corporatiste avec cotisations) et le modèle Beveridgien (National avec l’impôt) qui se déclinent en de multiples combinaisons de part le monde. En France nous avons, fruit de notre histoire, un mixte relativement complexe, libéral, redistributif et corporatiste; Il résulte du compromis social issu du programme du CNR (Conseil National de la Résistance), « un plan complet de Sécurité Sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans le cas ou ils sont incapables de se le procurer par le travail »

    L’objectif étant de concilier efficacité économique, et justice sociale ce sujet de l’Etat Social par essence politique, est difficile à appréhender. "La définition proposée par Gøsta Esping-Andersen permet de mieux percevoir la complexité de la question. Pour lui, l'État-providence ne peut pas se définir seulement par les droits sociaux qu'il accorde aux citoyens, il faut également tenir compte de deux autres éléments : « la manière dont les activités de l'État sont coordonnées avec les rôles du marché et de la famille dans la prévoyance sociale ». À partir de ce constat et de trois indicateurs, trois grands régimes d’État-providence se distinguent selon trois critères : le degré de « dé-marchandisation » des sociétés, le degré de stratification sociale (i.e, l'impact des États-providence sur les hiérarchies sociales et sur les inégalités issues du marché), la place relative accordée à la sphère publique et à la sphère privée. Ceci débouche sur une typologie des États-providence « qui constitue aujourd'hui la pierre de touche de la recherche comparative internationale : un «welfare state libéral» (Etats-Unis/Royaume-Uni...) un modèle conservateur corporatiste» (Allemagne/France...), un modèle «conservateur corporatiste » (Suède/Danemark...)". https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tat-providence 

    La protection sociale en France "permet aux individus de faire face à des situations, comme la maladie, les accidents du travail, la maternité, la vieillesse ou le chômage, susceptibles de provoquer une baisse de leurs ressources ou une hausse de leurs dépenses. On parle de « risques sociaux ». Il existe 2 types de mécanismes : les prestations de services sociaux qui désignent l’accès à des services à prix réduit, voire gratuitement, comme la prise en charge dans les hôpitaux publics, et les prestations sociales que les organismes de protection sociale versent directement aux individus. Ces prestations sociales reposent sur 3 logiques : Une logique d’assurance, comme les allocations chômage ou les indemnités journalières de maladie. Les salariés cotisent en étant prélevés sur leur salaire tous les mois. Ainsi, en cas de chômage ou de maladie, ils peuvent bénéficier d’un revenu de remplacement. Une logique d’assistance, dont l’objectif est de lutter contre la pauvreté, comme le Revenu de Solidarité Active (RSA). Il n’est pas nécessaire de cotiser pour en bénéficier, cependant elles sont versées sous conditions de ressources. Une logique de protection universelle, comme les allocations familiales. Elles sont versées sans condition de cotisation préalable ou de ressources et sont les mêmes pour tous. La protection sociale est assurée par plusieurs organismes : La Sécurité sociale : elle fournit aux individus la couverture de base pour les risques maladies, accidents du travail / maladies professionnelles, famille et vieillesse. (SS des travailleurs salariés, RSI régime social des indépendants, MSA, mutualité sociale agricole). Les organismes chargés des régimes dits complémentaires : ils fournissent une couverture supplémentaire à ces risques, comme les mutuelles de santé et les régimes complémentaires de retraite. et l’Union nationale pour l’emploi dans l’industrie et le commerce (UNEDIC) qui gère l’assurance chômage. Les sources de financement de la protection sociale proviennent essentiellement des cotisations sociales, ce sont des prélèvements effectués sur les salaires, dont une partie est payée par l’employeur et l’autre par le salarié. Afin de ne pas faire reposer le financement de la protection sociale uniquement sur les cotisations sociales, on a créé des impôts, comme la CSG (Contribution Sociale Généralisée). Celle-ci concerne non seulement les salaires, mais aussi d’autres types de revenus, comme les pensions de retraite, les allocations chômage, le RSA, ou encore les placements financiers. Enfin, des contributions publiques de l’Etat financent des dépenses de solidarité, comme le RSA. Cependant, l’équilibre financier de la protection sociale est très fragile et sa pérennité constitue un enjeu crucial pour notre société".http://dessinemoileco.com/wp-content/uploads/2014/01/La-protection-sociale-en-France.pdf.

    Questions clefs. Pour le marché "A chacun selon ses moyens et selon ses préfrences" , point de moyen, point de préférence, pour les droits de l'homme « A chacun selon ses besoins, de chacun selon ses moyens » . Dans le domaine de la protection sociale, l'application concrète de ce principe implique des droits universels (et non la mise sous conditions de ressources) et la mutualisation par la solidarité. C’est à dire la gratuité pour tous financée par les capacités contributives de chacun dans un contrat intergénérationnel. C’est assurément une socialisation. 

    Reste à trancher les modalités pratiques du recours à la cotisation ou à l’impôt. La cotisation est incluse prioritairement dans le calcul de la valeur (coût de la main d’œuvre), l’impôt lui n’intervient que secondairement et le plus sous condition de l’existence de résultats. Ce sont les partenaires sociaux qui gèrent les cotisations, c’est l’Etat qui administre les recettes fiscales. A gauche, ces nuances ne sont pas minces et lourdes de conséquences sur le mode de socialisation, (voir Doc1) La CSG (Contribution Sociale Généralisée) a été un contorsion pour habiller en cotisation ce qui est un impôt.

    Epuisement de notre modèle social. Les mauvais augures de droite comme de gauche ne manquent de prédire la rupture de notre système trop généreux, dispendieux et inefficace. Les tartuffes réformateurs redoublent d’arguments pour nous convaincre de leur bonne foie de vouloir sauver notre système. Mais mis bout à bout, l’analyse des éléments factuels depuis le début de cette conquête sociale, démontre qu’ils n’ont eu de cesse de le détricoter patiemment, méthodiquement et sans relâche au profit de solutions marchandes par le recours aux assurrances privées.

    Les pièges à venir ne seront pas les moins redoutables. Une autre histoire de la Sécurité Sociale doit être contée et de nouveaux chapitres restent à écrire. Quant est il alors de la proposition d'une SS profesionnelle, d'une allocation universelle, d'un salaire à vie ...?

    II - Propositions

    1- SS Professionnelle.

    La sécurité sociale professionnelle est un volet du statut du travail salarié. Elle s’inscrit dans l’exigence de rendre effectif le droit au travail pour toutes et tous. Elle vise à garantir des droits individuels et collectifs à tous les salariés qui ne sont pas en exercice dans un emploi : les salariés actifs potentiels. Il s’agit des personnes à la recherche d’un emploi ou entre deux emplois quelle que soit la cause de la mobilité : choisie ou imposée. La CGT propose de construire la sécurité sociale professionnelle à partir de six exigences : • dans une période de transition entre deux emplois :1-maintien des droits du salarié acquis dans son dernier emploi ou le plus favorable en cas d’emploi précaire, puis transférabilité des mêmes droits (et de leur ancienneté) dès l’obtention du nouvel emploi ; 2- permettre l’accès ou le retour à l’emploi de qualité des chômeurs (indemnisés ou pas), des « bénéficiaires » des minima sociaux, des primo demandeurs d’emploi ;  3-la responsabilité sociale du donneur d’ordre vis-à-vis de ses sous-traitants ; 4 la responsabilité sociale et financière mutualisée des entreprises de la branche ou/et du bassin d’emploi pour accompagner le reclassement effectif et/ou les évolutions professionnelles des salariés, quels que soient leurs statuts ; 5-  un service public de l’emploi rénové accessible à toutes et tous les salariés ;  6- un véritable dialogue social interprofessionnel, professionnel et territorial.(fiche_7-SS-professionnelle-CGT.pdf)

    Même si la "diparition du salariat" figurait  dans la charte d'Amiens de la CGT en 1906, dans l'attente du grand soir il a bien fallu bouger. Pour les syndicats et la gauche proche du mouvement ouvrier le travai. reste une source irremplaçable de dignité et de réalisation de soi. Cette propostion s'inscrire donc dans la recherche d'une société de plein emploi. encore capitaliste. Comment l'obtenir ? par la croissance? Laquelle ?, Par la baisse du temps de travail ? Dans quelles conditions ? . 

    2- Allocation universelle.

    Définitions. Allocation universelle, impôt négatif, revenu de base universel, revenu d'existence, revenu citoyen etc...sont autant de propositions qui tendent avec diverses nuances d'aborder le probléme en découplant revenu, travail et emploi. 

    Par exemple. Le revenu de base est un revenu versé par une communauté politique à tous ses membres, sur une base individuelle, sans conditions de ressources ni obligation de travail, selon la définition du Basic Income Earth Network (BIEN). Il reconnaît la participation de l'individu à la société, indépendamment de la mesure de l'emploi.

    Applications. Le revenu de base a été expérimenté notamment au Canada, en Inde ou en Namibie. L'Alaska a mis en place l'Alaska Permanent Fund, une forme particulière de revenu de base financée par les revenus miniers et pétroliers de l'État. Le revenu de base est défendu au niveau mondial par des politiques allant des altermondialistes auxlibertariens, des universitaires, des personnalités et des associations notamment regroupées au sein du BIEN.

    Deux branches existent pour l'allocation universelle : une marxiste et une libérale ; la branche marxiste s'inspirerait des « Grundrisse, ces textes où Karl Marx imagine le développement d'une société où l'humanité sera sortie du salariat et où les machines seules assureront la création de richesses, qui seront reversées sous la forme d'un « revenu socialisé universel ». La branche libérale, considérant qu'il convient d'accorder une certaine somme d'argent aux citoyens, tantôt « filet de sécurité », tantôt « capital de départ », pour qu'ils puissent consommer et participer à la vie de la société. À chacun, ce faisant, d'organiser ses dépenses comme il l'entend.

    Les partisans d'une allocation universelle souhaitent lui attribuer un montant faible et identique pour tous les êtres humains résidents, alors que les partisans d'un revenu de base plus élevé modulent leurs propositions sur une partie de la population comme les seuls adultes, les qualifications de la personne, ou encore, des montants différents en fonction de l'âge.

    En France, les propositions sont variées (le montant indiqué étant le plus levé de la liste) :Yann Moulier-Boutang : proche du salaire minimum, Dominique de Villepin : 850 € à partir de 18 ans, Jacques Marseille : 375 € de 0 à 18 ans et 750 € à partir de 18 ans, Baptiste Mylondo : 750 € pour les adultes ; 230 € par mineurChristine Boutin : 200 € de 0 à 18 ans et 400 € à partir de 18 ans,Yoland Bresson : 400-450 € pour tous

    Le Mouvement français pou un revenu de base (MFRB) identifie 8 approches de financement d'un revenu de base : l’universalisation et la revalorisation du RSA, l'autofinancement par transfert des prestations, la création monétaire, la taxation foncière, l'impôt sur le patrimoine, la redistribution des profits tirés des ressources naturelles, els chèques écologiques Ces propositions peuvent être regroupées en trois familles : la redistribution, la création monétaire, et l'approche par les biens communs.

    Critiques L'économiste Jean-Marie Harribey, membre de l’association altermondialiste Attac et détracteur de l'idée d'un revenu de base remarque, que si la collectivité versait un revenu de base, les entreprises paieraient d'autant moins leurs employés. Jean-Marie Harribey estime qu'un tel dispositif ne réduirait pas les inégalités, mais au contraire risquerait fort de conduire à une société encore plus duale, « il ne peut pas y avoir éternellement des droits sans que ceux qui en assument le coût ne puissent exiger en retour des droits équivalents. Si on me verse un revenu sans que je participe au travail collectif, eh bien cela veut dire qu’il y a des gens qui travaillent pour moi. C’est possible ponctuellement ou en cas de force majeure, mais pas sur toute une vie » Puisque selon lui il confond emploi mesuré et travail collectif, il estime que le financement proposé est vide de sens et parle de « vacuité théorique ».

    Le sociologue et économiste Bernard Friot, spécialiste des système de protection sociale, qualifie le revenu de base de « roue de secours du capitalisme « Puisque le conflit salarial a produit des institutions d’un émancipateur déjà-là tel qu’il rend possible la sortie du capitalisme par attribution de tout le PIB à la cotisation et, à tous, d’une qualification personnelle, pourquoi régresser par l’instauration d’un revenu de base qui, laissant intacts le marché du travail, la valeur travail et la propriété lucrative, s’inscrit comme correctif dans la domination capitaliste ? » https://fr.wikipedia.org/wiki/Revenu_de_base

     

    Le revenu contributif s'inscrit dans le prolongemet du  Régime des intermitemps du spectacle. Il propose d'adapter l'emploi aux secteurs dont la croissance est infinie, l'éducation, la formation, la recherche, le développement, la culture etc..; en exploitant de manière positivie les technologies du numériques.

    Selon Bernard Steigler, "la numérisation est en train d’engendrer une automatisation colossale, bien plus importante que celle que l’on a connue par le passé. Il se prépare une mutation de la production : on n’aura plus besoin de producteurs, sauf dans des cas marginaux. C’en est fini de l’économie du XXe siècle, fini du modèle taylorien : captation de la propriété, exclusivité de l’exploitation, redistribution par le salaire, promesse de pouvoir d’achat, etc.

    Il faut donc repenser complètement la redistribution ; on va plutôt vers une société du savoir nous permettant de retrouver et développer nos capacités (ce qui était auparavant empêché par la prolétarisation). Dans cette perspective, il ne faut surtout pas détruire le statut d’intermittent du spectacle mais au contraire... le généraliser, en proposant à tout le monde un revenu contributif de base. Je puis alors alterner et passer d’un statut où je suis en train de développer mes capacités à un statut de mise en production de ces capacités acquises (comme pour l’intermittence).

    Il y a de légitimes réticences, notamment parce que cela peut favoriser la flexibilité de l’emploi, voire des dérives telles que le « human computing » (prolétarisation décentralisée où l’on paye les gens à la tâche sans aucune protection sociale). Il y a aussi des économies de la contribution négatives, comme Facebook par exemple, qui capte et monnaye nos données personnelles. L’emblématique Google est un modèle hybride mais toxique dans une société en transition : ultra-consumériste sur le marché publicitaire mais qui produit également une forte valeur d’usage très contributif.

    Il ne s’agit pas de défendre le contributif en tant que tel. Mais, qu’on le veuille ou non, nous sommes en train de passer dans un système de production qui devient contributif (ainsi l’open source, qui n’est pas le logiciel libre, est devenue largement majoritaire aujourd’hui). Et à partir de là, il nous faut produire un modèle, juste, soutenable, de gauche même diront certains, qui impose de repenser les conditions du travail, la fiscalité, le droit... tout ce qui a constitué la société consumériste dans sa grande époque.

    http://romainelubrique.org/bernard-stiegler

    3- Salaire à vie, socialisation

    Définition.Rappelons brièvement quel est l’objet du salaire à vie et à la qualification : il entend doter tout citoyen, dès l’âge de la majorité, d’un salaire, fondé sur la reconnaissance d’une qualification personnelle, irrévocable et ne pouvant que progresser. Il s’agit de restituer à chacun la maîtrise de son travail, en le libérant des institutions capitalistes, qui le réduisent à une force de travail louant ses services sur un marché du travail dominé par des employeurs. Ce salaire à vie implique un financement par la cotisation sociale, contre la redistribution fiscale, ainsi que la généralisation de la copropriété d’usage des outils et lieux de travail, contre leur propriété lucrative.

    Un déja là

    Dans "Emanciper le travail" Bernard Friot  présente sous forme d'entretien une analyse qui bouleverse l’interprétation courante de la sécurité sociale, de la qualification de l’emploi dans les conventions collectives, de la fonction publique ; bref, de toute la dynamique de 1945 et  propose une stratégie pour sortir de la défaite et vaincre le patronat et les réformateurs qui ont entrepris d’en finir avec 1945.

    Premier entretien : changement dans le salaire Il faut commencer par bien voir le caractère révolutionnaire des institutions de 1945. La lutte syndicale a alors commencé à changer le sens du salaire avec le salaire à vie des fonctionnaires et des retraités, l’imposition aux employeurs de la qualification, la socialisation de la valeur ajoutée dans un salaire socialisé : ce n’est pas un changement du partage de la valeur, c’est un changement dans la production de la valeur qui a ainsi été mis en route. Partager autrement la valeur capitaliste, c’est aménager le capitalisme, mais produire autrement une autre valeur, c’est le subvertir.

    Deuxième entretien : la cotisation-salaire, un trésor impensé La cotisation est depuis 1945 l’enjeu d’un affrontement entre le revenu différé (promu par le patronat et les réformateurs) et le salaire socialisé qui subvertit les institutions capitalistes du travail : la propriété lucrative, le marché du travail, la mesure de la valeur par le temps de travail et le financement de l’investissement par crédit. Une autre production de la valeur que sa production capitaliste commence ainsi à s’instituer, d’où la contre-offensive réformatrice.

    Troisième entretien : généraliser la pratique salariale de la valeur Pour battre les réformateurs, il faut sortir de la défensive et populariser un projet d’émancipation qui élargit les conquêtes de 1945 en supprimant les institutions capitalistes du travail pour produire autrement une autre valeur : généralisation de la copropriété d’usage de tous les outils de travail par les salariés et suppression de la propriété lucrative, salaire à vie comme attribut politique des personnes à partir de 18 ans et carrière salariale financée à 100% par cotisation, remplacement du crédit par une cotisation investissement maîtrisée par les producteurs eux-mêmes, mesure de la valeur par la qualification des producteurs.

    Quatrième entretien : sortir des conduites d’évitement C’est faute d’avoir pour projet la généralisation du déjà-là anticapitaliste instauré en 1945 que les opposants à la réforme sont battus depuis trente ans. Il faut tirer les leçons de l’échec de conduites d’évitement qui, au lieu de continuer à subvertir la production capitaliste, préconisent le plein emploi, la sécurité emploi-formation, la réduction du temps de travail, un pôle public bancaire, des nationalisations, une révolution fiscale ; ou, évitement symétrique, le revenu de base, la suppression du travail et de la monnaie, la transparence des valeurs d’usage

    Cinquième entretien : quelle démarche concrète ? Remplacer la pratique capitaliste de la valeur par sa pratique salariale se joue dans tous les conflits et toutes les initiatives, quelle que soit leur échelle : l’auto-organisation des salariés dans les entreprises et pour la maîtrise de l’investissement, la retraite et le financement de la sécurité sociale, les ressources des jeunes, l’indemnisation du chômage, les restructurations, la prétendue « modernisation du marché du travail », la fonction publique, la lutte contre la dette et pour une autre création monétaire, les coopératives et les multiples productions alternatives locales. Autant d’occasions de démarches concrètes d’émancipation du travail à partir des conquêtes de 1945.http://www.reseau-salariat.info/e2ededa036b6d9696be3498d97f32507.pdf?revision=1416293892&lang=f

     

     III - Que disent nos textes ?

    Au congrès de Villejuif en juillet 2015 le PG a voté dans sa plateforme : « de remettre le système productif et l’économie sous contrôle citoyen et au service du progrès humain et des besoins réels »  il est écrit « La transition écosocialiste pose fondamentalement la question de la propriété des moyens de production et des biens communs.. …/… il faut donc attaquer le problème à sa source : le rapport capital/travail… Dans ce but, les secteurs stratégiques (transports, énergie, eau, banques, santé, industries pharmaceutiques, industries de défense, télécommunications, Poste, etc.) devront être immédiatement nationalisés ou socialisés. Dans les autres secteurs, la socialisation se fera de manière progressive…./…nous organiserons le transfert de la propriété d’une part croissante du capital aux salariés en tant que collectif de travail » et pour conclure «  L’objectif est d’atteindre ainsi une économie mixte, où le travail soit libre et non exploité, conjuguant des entreprises privées en coopératives, des entreprises privées sous contrôle des salariés et de la Nation, des entreprises publiques avec des droits étendus pour les salariés. Un Indice de Progrès Humain mesurant la qualité de vie (pollution, santé, éducation, biodiversité…) sera créé. ». Nous serions alors sortie du capitalisme.

    Il n’est pas fait mention expresse de la « SS professionnelle » mais nous pouvons sous entendre qu’elle est retenue par défaut contrairement aux autres propositions.car dans le programme « L’humain d’abord » nous pouvons lire : 

    Programme FDG. « Un nouveau mode de production…/…Il sera basé sur une politique industrielle favorisant l’écodéveloppement…/… une politique de réduction du temps de travail avec création d’emplois correspondants, ainsi que le développement d’emplois utiles intégrant de nouveaux besoins communs. Cette réorientation passe par un renforcement des droits des salarié(es) pour avancer vers un contrôle collectif des conditions de travail, de son organisation et de son contenu. Le Plein emploi et la réduction du temps de travail sont réaffirmés. Un peu plus loin « Priorité à l’emploi et à la qualification. L’emploi pour tous est une nécessité. Les besoins non satisfaits sont immenses ». La valeur travail est mise en avant. « Chaque femme et chaque homme aspirent à participer par leur travail au bien de tous.. Nous développerons la première richesse de la France, qui n’est pas la finance mais le travail humain, c’est-à-dire l’emploi et la qualification de ses travailleurs…/…contre le gâchis social et économique que représente le chômage. Loin de toute « flexicurité », nous sécuriserons les parcours de chacune et de chacun dans l’emploi et la formation avec une continuité de revenu tout au long de la vie. Et donc en conclusion « Une Sécurité sociale professionnelle sera instituée, prenant en charge les périodes de nonemploi, de formation et de retrait d’activité, notamment pour les femmes ou les hommes élevant leurs enfants. » voici la position du FDG, nous sommes toujours dans le capitalisme, du moins dans l'immédiat. La position de la com eco national du PG est à l'unisson :

    ComEcoPg National. "Nous défendons la création d'une sécurité sociale professionnelle : "nous sécuriserons l’emploi et la formation, en assurant une continuité de revenu tout au long de la vie. Cela impliquera l’institution d’une sécurité sociale professionnelle, qui prenne en charge les périodes de non emploi, de formation, de retrait d’activité notamment pour celles et ceux qui élèvent leurs enfants. Elle sera financée par une caisse de cotisation interentreprises, avec un barème progressif pour que les grands groupes en soient les principaux contributeurs". Reprise de "L'humain d'abord". Et pour ce qui est des propositions de Bernard Friot :

    Par contre, nous n'allons pas jusqu'à considérer, comme le fait Bernard Friot, que la création de valeur se mesure uniquement par la qualification des personnes. Par exemple, nous  ne pensons pas qu'un retraité créé forcément la valeur qu'il reçoit. On ne peut pas définir la création de valeur par le versement recu par le retraité. Pour qu'une valeur soit créée, il faut qu'elle soit validée socialement. Ce n'est donc pas parce qu'une personne a telle qualification qu'elle crée forcément la valeur liée à cette qualification. Nous ne pensons pas  qu'à diplome équivalent, celui qui a un emploi et celui qui reste chez lui sans emploi créee la même valeur. Celui qui n'a pas d'emploi va créer de la valeur, mais pas la même. 
    Prenons un exemple caricatural : si l'on pousse le raisonnement de bernard Friot jusqu'au bout,  une personne qui a un diplôme élevé touchera toute sa vie un salaire lié à cette qualification, y compris s'il n'a jamais essayé de trouver un emploi. 
    Il va donc toucher un salaire élevé alors qu'il n'aura jamais créé la valeur liée à sa qualification. A l'inverse, un faible diplômé qui aura toujours travaillé, gardera un salaire plus faible que le haut diplômé car sa qualification sera plus basse même si dans les faits, il aura créé beaucoup plus de valeur. C'est absurde. 
    Socialiser tout le salaire et payer les gens selon leur qualification toute leur vie sous prétexte qu'ils créent de la valeur même quand ils n'ont pas d'emploi serait à notre avis une erreur sociale et économique. 
    Les écarts de salaires entre les différentes qualifications (dans la fonction publique notamment qui est le modèle que bernard Friot souhaite étendre à tout le monde)  sont souvent issus de conventions injustes socialement tout comme la fixation des salaires dans les entreprises privées. 
    Les écrits de Jean-Marie Harribey en réponse à Friot, sont, comme toujours avec cet auteur, très éclairants.
    Nous ne croyons donc pas qu'il faille déconnecter complètement la rémunération de l'emploi ; mais plutôt se battre pour que les emplois soient épanouissant pour les salariés et pour la société tout entière ; pour cela il faut que les salariés s'approprient les moyens de production. Ainsi en stoppant la rémunération du capital, et en faisant en sorte que seul la création de valeur soit rémunérée (donc que seul le travail soit rémunéré), on permettra à chacun de travailler selon ses besoins et d'être réellement rémunéré pour la valeur qu'il aura créé. Une valeur qui ne sera plus défini par le capitalisme, puisque la fin de la rémunération du capital signera la sortie du capitalisme. 

    L'objectif doit donc rester le plein emploi dans une société non capitaliste, et la sécurité sociale professionnelle doit être là pour les moments de transition entre deux emplois, ou pour les périodes de formation ou pour les période de retrait temporaire de l'emploi. Elle ne doit en aucun cas financer un quelconque droit à l'oisiveté"Synthèse de guillaume  lors d'une discussion precedente sur ce sujet.

     

    IV - Quelles revendications pour gagner la bataille culturelle  pour l'immédiat 2017 ?

     

    Le plein emploi est assurément dans la priorité de nos concitoyens versu "chômage".  La sécurité est aussi une priorité marquée. Pourquoi alors les électeurs déçus se tournent  vers le FN ou l'abstention plutôt que vers nous ?

    Les aveux de F Mitterrand "contre le chômage nous avons tout essayé" et de Lionel Jospin 'L'Etat ne peut pas tout", la défaite du mouvement de défense des retraites, une réduction du temps de travail mal négocée et la  trahison sociale libérale du PS ont miné durablement le moral du peuple de gauche. Qui plus est, trente année d'idologie néolibérale, peuvent laissé penser que définitivement il n'y a pas d'alternatives (TINA), entre le chômage et la rente le choix à été fait (NAIRU), l'insécurité doit être permanente. Mais  cela n'explique pas tout, nous avons aussi dans notre camp un problème de crédibilité ! ce débat, est devant nous, la convention2 sur "L'ére du peuple ?"  devrait nous permettre de discuter notre srtatégie. Ici nous restons sur le plan idéologique et programmatique. 

    Les idées qui nous portent peuvent disparaître du champ politique et vivoter dans des chapelles académiques ou militantes, aors qu'elle sont essentielles. La question urgente et de fond est donc : compte tenu de nos valeurs et de nos convictions, compte tenu de l'etat (supposé) de l'opinion, quelles peuvent être nos propositions concrétes pour le peuple de gauche et les abstentionnistes ? Propositions a hauteur d'homme et de citoyen, proposition réformatrice, la SS professionnelle, propositions de rupture, le revenu de base , le salaire à vie, Quelles sont les propositons audibles ? Quel est le chemin entre le souhaitable et le possible ?

    La lutte contre l'inscécurité (sociale) et le chômage sont à l'évidence à retenir,comme point d'encrage mais il faut décliner les moyens et les mots d'ordres.

    En 2017 pour atteindre le plein emploi, et la sécurité (sociale) pouvons nous identifier 10 mesures, prioritéaires et les heirarchisées.  En extraire 3 plus emblématiques assorties chacune de 3 arguments.

    Propositons de mesures

    SS pofessionnelles

    Allocation universelle

    Revenu de base universel

    Revenu contributif avec statut d'intermittenance

    Nationalisation des moyens de production

    Socialistions des moyens de procution

    Extension du champs de la Sécurité sociale à 100%

    Réduction du temps de travail : 35h/32H ...

    Partage du travail

    Salaire mimimum à 1700€net par mois

    Ecart maxi 1*20 par entreprise

    Revenu Maximum

    Rompre avec le libre échange

    Désobeir aux traités et aux régles de l UE

    Sortir de l'Europe

    Sortir de l'Euro

    Mise sous tutelle du système bancaire

    Audit citoyen de la dette publqiue

    Extension du champ  des biens publics

    Extension de la gratuité d'accés aux biens publics

    Droit à la retraite à 60 ans à taux plein

    Sanctions financières pour faire respecter l'égalité homme femm 

    Créations emplois publics

    Production de logements sociaux

    Droit au travail pour les demandeurs d'asiles

    Rétablir le droit du sol des la naissance

    Accorder  la nationalité pour tout résidant étranger qui en fait la demande 

     Pour une révolution fiscale

    Organiser un référundum le jour des législatives  proposant l'élection au suffrage universel d'une assembée constituante

     ... ....

    Liste à titre d'exemple à travailler dans la commission et à mettre ensuite en débat dans les comités.

     

    Quid alors du droit à la paresse ?

    Proposition coméco nationale

    Relance de l’activité


    Proposition 1 : Construire un Etat stratège pour conduire la planification écologique.

    Proposition 2 : Augmenter les salaires, introduire un salaire maximum.

    Proposition 3 : L’économie de la mer, horizon politique de développement.

    Proposition 4 : Affecter annuellement 2% du PIB aux investissements publics d’avenir.

    Proposition 5 : Instaurer un Indicateur de Progrès Humain (IPH) pour l’évaluation des politiques publiques.

    Révolution Fiscale


    Proposition 6 : Impôt général sur le capital (IGC) : une société sans rentiers.

    Proposition 7 : Impôt citoyen sur les revenus (ICR).

    Proposition 8 : Baisse significative de la TVA et autres impôts indirects.

    Proposition 9 : Une fiscalité écologique au service de la règle verte.

    Proposition 10 : Une fiscalité entrepreneuriale favorable à l’investissement.

    Proposition 11 : Rendre les impôts locaux justes et transparents.

    Proposition 12 : En finir avec les paradis fiscaux.

    Entreprise Citoyenne


    Proposition 13 : Garantir la démocratie dans l’entreprise.

    Proposition 14 : Socialisation progressive et copropriété.

    Proposition 15 : Création d’une « Caisse de Sécurité Economique

     

    Vers le Plein Emploi


    Proposition 16 : Sécuriser l’emploi.

    Proposition 17 : Un service public de l’emploi efficace et juste.

    Proposition 18 : Création d’emplois publics et relance de l’activité

    Proposition 19 : Droit opposable à l’emploi.

    Proposition 20 : Réduire le temps de travail.
     
     

    Définanciarisation

    Proposition 21 : Limiter la rentabilité actionnariale et réduire le poids du secteur financier.

    Proposition 22 : Séparation stricte des activités bancaires.

    Proposition 23 : Interdire les produits financiers spéculatifs.

    Proposition 24 : Création d’un Pôle Financier Public.

    Proposition 25 : Moratoire et audit citoyen de la dette.

    Protectionnisme Solidaire


    Proposition 26 : Mise en place d’une politique commerciale stratégique.

    Proposition 27 : Contributions compensatrices et fonds de convergence solidaires.

    Proposition 28 : Taxation écologique aux frontières.

    Proposition 29 : Taxe kilométrique et clauses de proximité.

    Proposition 30 : Encourager l’innovation par un protectionnisme des savoirs.

    Proposition 31 : Contrôler les flux de capitaux déstabilisants.

    Proposition 32 : Rétorsions commerciales contre les paradis fiscaux.

    Proposition 33 : Renforcer le service public des douanes et de la répression des fraudes.

    Proposition 34 : Sortir des accords de libre échange pour une coopération commerciale.

    Politique Monétaire


    Proposition 35 : Réquisitionner la Banque de France et changer les statuts de l’actuelle BCE.

    Proposition 36 : Engager les négociations en vue d’un Partenariat Monétaire d’Equilibre (PME).